Observateur infatigable ou fidèle lecteur de 321flac.com, le phénomène n’a pu vous échapper. Le nombre d’appareils compatibles avec le Free Lossless Audio Codec progresse très vite. Comment expliquer cette implémentation quasi systématique chez certains industriels ? Reconnaissance, calcul marketing ou coïncidence ?

Reconnaissance ?

Je ne vais pas vous vendre une fois encore le Free Lossless Audio Codec. Si vous êtes ici, vous devez le connaître. Vous, peut-être, mais le grand public l’ignore. Certes, FLAC a parcouru du chemin depuis sa création : modeste projet, curiosité, puis format audio sans perte du monde libre. On peut affirmer que cette compression sans perte a fait « son trou ». Elle a même un fan-club. Pourtant, sur la grande échelle de la popularité, FLAC est 5 là ou d’autres compressions culminent à 15, 25 ou 30.

Être ouvert, gratuit, interopérable, suffit-il pour intéresser Onkyo, Demon ou Yamaha ? Peut-être. Seule certitude, la compatibilité FLAC d’un produit n’élève rien pour le consommateur.

Calcul marketing

Il me plait de croire que l’économie dirige le monde (et non l’inverse). Vu sous cet angle, l’intégration du Codec FLAC dans nos appareils multimédia s’explique facilement. FLAC est gratuit. Il intéresse des passionnés de technologies, des « enthousiastes » (nouveau terme pour pigeons en marketing ?). Des personnes qui achètent volontiers toutes les nouveautés. FLAC étant encore méconnu, son intégration constitue un argument. Un « plus » qui facilitera la vente.

C’est évident. Dans un marché ultra concurrentiel, FLAC c’est bien. L’avoir alors que tout le monde le propose, prouve que vous êtes dans le mouvement. Oui, mais ce raisonnement ne tient pas sur la durée. L’effet de nouveauté s’estompe.

Coïncidence ?

Ne trouvez-vous pas ça étrange ? En quelques mois, tout ce qui sort de Chine est compatible FLAC (oui, je force le trait). Sacrée coïncidence ! Je ne crois pas au hasard. Et vous ?

Que faut-il pour qu’un baladeur (par exemple) soit capable de lire un morceau de musique FLAC ? Un logiciel et un processeur. Que trouve-t-on dans tous nos merveilleux produits de haute technologie ? Une puce (processeur, DSP, SoC) et un firmware (système d’exploitation, logiciel).

Lorsqu’une firme comme Cowon, Samsung ou Philips sort un nouveau produit, celui-ci est conçu à partir de l’offre des industriels de l’électronique. Des sociétés plus ou moins grandes, plus ou moins connues (Texas Instruments, RealTek, Sigma, Designs…). Des entreprises qui ont des puces (et le logiciel qui va avec) compatibles FLAC.

Comme il n’est pas interdit à Denon, Onkyo ou Yamaha (et les autres) d’utiliser les mêmes composants. Les mêmes pièces offriront des prestations identiques… sauf exception. Elles sont nombreuses, car si les puces sont similaires la partie logicielle varie souvent. Cela explique le fait que les baladeurs et téléphones d’Apple, les fameux iPod et iPhone, soient incompatibles avec FLAC. Le matériel pourrait, mais il est bridé par le software conçu par Apple.

Finalement, quelle est la cause de cette prolifération d’appareils compatibles FLAC ? Reconnaissance, marketing ou mimétisme industriel ? Probablement un peu des trois. Qui s’en plaindra ?